Sébastien Pressé — Hypnose Humaniste · Thouaré-sur-Loire

Comment accompagner un proche en deuil : ce qui aide vraiment

Vous apprenez qu’un ami, un collègue ou quelqu’un de votre famille vient de perdre un proche. Vous aimeriez être là, trouver les mots justes, faire quelque chose qui puisse aider.

Et presque immédiatement, une question apparaît : qu’est-ce que je peux lui dire ?

Face au deuil, nous pouvons nous sentir démunis. Nous voudrions soulager la douleur de l’autre, mais nous savons aussi qu’aucune phrase ne peut effacer ce qui vient de se produire.

Accompagner un proche en deuil ne consiste peut-être pas à trouver les mots parfaits. Il s’agit souvent davantage de pouvoir rester présent auprès de quelque chose que l’on ne peut pas réparer.

Accompagner ne signifie pas faire disparaître la douleur

Lorsque quelqu’un que nous aimons souffre, notre premier mouvement peut être de chercher une solution.

Nous rassurons. Nous encourageons. Nous essayons parfois de montrer le côté positif d’une situation ou de convaincre la personne que, progressivement, les choses iront mieux.

Ces réactions partent généralement d’une intention sincère : nous voudrions que l’autre souffre moins.

Mais le deuil nous confronte justement à une situation dans laquelle il n’existe pas de solution immédiate. La personne disparue ne reviendra pas. La perte ne peut pas être annulée.

Être présent auprès d’une personne endeuillée demande alors parfois d’accepter cette impuissance.

Accompagner n’est pas réparer.

Cela peut simplement signifier écouter, rester là, accueillir ce qui est dit — ou ce qui ne peut pas encore être dit — sans chercher immédiatement à transformer l’émotion présente.

Que dire à quelqu’un qui vient de perdre un proche ?

La peur de « dire quelque chose de travers » pousse parfois à chercher la bonne phrase.

Pourtant, des mots simples peuvent suffire :

« Je pense à toi. »

« Je suis là si tu souhaites parler. »

« Je ne sais pas vraiment quoi te dire, mais je voulais que tu saches que je suis là. »

« Si tu as envie de parler de lui / d’elle, je peux t’écouter. »

Ces phrases n’ont rien de spectaculaire. Leur intérêt est précisément de ne pas imposer ce que la personne devrait ressentir ou faire.

Il est également possible de reconnaître simplement que l’on ne sait pas quoi dire. Dire :

« Je ne trouve pas les mots »

peut parfois être plus juste que chercher à remplir le silence.

La qualité de la présence compte souvent davantage que la qualité supposée de la phrase.

Les phrases bien intentionnées qui peuvent parfois blesser

Certaines phrases sont prononcées depuis des générations pour essayer de réconforter :

« Il faut être fort. »
« La vie continue. »
« Il faut tourner la page. »
« Au moins, il ou elle ne souffre plus. »
« Le temps guérira tout. »
« Il faut penser à autre chose. »

Elles ne sont pas nécessairement prononcées avec maladresse ou indifférence. Elles peuvent venir de notre propre difficulté à rester au contact de la souffrance de l’autre.

Mais elles peuvent parfois être entendues différemment par la personne endeuillée :

Je devrais déjà aller mieux.

Je prends trop de place avec ma tristesse.

Il y a quelque chose que je ne fais pas correctement.

Or, comme je l’explique dans l’article consacré à la durée du deuil, il n’existe pas de calendrier universel indiquant à quel moment une personne devrait avoir « tourné la page ».

Plutôt que d’encourager quelqu’un à aller mieux, il peut être plus aidant de reconnaître simplement ce qu’il traverse.

Faut-il parler de la personne décédée ?

Après un décès, certaines personnes de l’entourage hésitent à prononcer le prénom de la personne disparue.

Elles peuvent penser : Je ne veux pas lui rappeler son décès.

Mais la personne endeuillée n’a généralement pas oublié ce qui s’est passé.

Pour certaines personnes, entendre le prénom du défunt, évoquer un souvenir ou pouvoir continuer à parler de lui ou d’elle peut même être précieux. Pour d’autres, ce sera trop difficile à certains moments.

Il n’existe pas de règle. Une question simple peut permettre de respecter le rythme de chacun :

« Est-ce que tu as envie d’en parler ? »

Il est également possible de partager un souvenir sans attendre nécessairement une longue conversation :

« Je pensais aujourd’hui à cette fois où… »

Cela peut permettre à la personne disparue de continuer à exister dans la conversation sans que son absence devienne un sujet interdit.

Et si votre proche ne souhaite pas en parler, son silence mérite lui aussi d’être respecté.

Être présent aussi lorsque les semaines passent

Dans les premiers jours qui suivent un décès, la personne endeuillée reçoit souvent de nombreux messages, appels et témoignages de présence.

Puis les obsèques passent.

Les proches reprennent leur travail. Les activités recommencent. La vie quotidienne reprend progressivement son rythme autour de la personne.

C’est parfois à ce moment-là que la solitude devient particulièrement sensible.

Continuer à prendre des nouvelles quelques semaines ou quelques mois plus tard peut donc avoir beaucoup de valeur. Un message simple suffit :

« Je pensais à toi aujourd’hui. Comment vas-tu ? »

ou :

« Je voulais simplement te dire que je ne t’oublie pas. »

Certaines dates peuvent également avoir une résonance particulière : un anniversaire, une fête familiale, une période de l’année associée à la personne disparue.

Il ne s’agit pas de rappeler systématiquement la perte, mais simplement de ne pas considérer que le besoin de présence s’arrête lorsque les premières semaines sont passées.

Proposer une aide concrète

Nous disons facilement :

« Si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle-moi. »

L’intention est généreuse.

Mais une personne en deuil n’a pas toujours l’énergie nécessaire pour identifier précisément ce dont elle a besoin, contacter quelqu’un, demander de l’aide puis organiser cette aide.

Une proposition concrète peut parfois être plus facile à accueillir :

« Je peux passer te déposer un repas mercredi. Est-ce que cela t’aiderait ? »

« Si tu veux, je peux faire quelques courses pour toi. »

« Je peux récupérer les enfants jeudi si cela peut t’alléger. »

« Je vais au marché demain. Est-ce que je peux t’apporter quelque chose ? »

L’idée n’est pas de décider à la place de la personne.

Une proposition reste une proposition. Elle doit pouvoir être refusée facilement, sans que ce refus soit vécu comme un rejet.

Respecter les silences, les refus et les changements de rythme

Une personne endeuillée peut avoir envie de parler longuement un jour et ne plus vouloir parler du tout le lendemain.

Elle peut souhaiter voir du monde, puis annuler une rencontre.

Elle peut rire pendant quelques heures puis se sentir profondément triste le soir.

Ces mouvements peuvent être difficiles à comprendre depuis l’extérieur. Ils ne nécessitent pas toujours une explication.

Accompagner peut aussi signifier accepter que le besoin de la personne change et ne corresponde pas forcément à ce que nous avions imaginé pour elle.

Il est possible de dire :

« D’accord. On remet ça quand tu en auras envie. »

sans demander immédiatement pourquoi.

Cette liberté peut permettre à la relation de rester un espace dans lequel la personne n’a pas à prendre soin, en plus de son propre deuil, des attentes de son entourage.

Et lorsque la culpabilité est présente ?

Certaines personnes endeuillées parlent beaucoup de ce qu’elles auraient dû faire autrement :

J’aurais dû être là.

J’aurais dû appeler.

J’aurais dû comprendre.

Je n’aurais pas dû dire cela.

Notre réflexe peut être de répondre immédiatement :

« Mais tu n’as rien à te reprocher. »

Parfois cette phrase fait du bien. Mais parfois elle ferme involontairement la conversation.

La culpabilité dans le deuil peut être complexe : regret, responsabilité réelle, sentiment d’inachevé ou relecture du passé avec des informations que la personne ne possédait pas au moment des faits.

Plutôt que de chercher immédiatement à faire disparaître la culpabilité, il peut être utile de permettre à la personne d’expliquer ce qu’elle se reproche.

Écouter n’est pas nécessairement approuver son jugement sur elle-même. C’est lui permettre de déposer ce qui prend de la place.

Quand peut-il être important de chercher une aide professionnelle ?

L’entourage n’a pas à devenir thérapeute.

Vous pouvez soutenir quelqu’un, l’écouter, l’aider concrètement, tout en reconnaissant que certaines situations nécessitent un accompagnement professionnel.

Lorsque la souffrance devient très intense, que la vie quotidienne est fortement altérée, que l’état physique ou psychologique se dégrade ou que des idées suicidaires apparaissent, il est important d’encourager la personne à en parler à un médecin, un psychologue ou un autre professionnel de santé.

Lorsque la sécurité de la personne est en jeu, une aide urgente doit être recherchée.

Votre rôle de proche reste différent de celui d’un professionnel. Vous avez également le droit de reconnaître vos propres limites.

Vous n’avez pas besoin de devenir le thérapeute de votre proche

Accompagner quelqu’un en deuil peut parfois être éprouvant.

Vous pouvez vous sentir impuissant, vous demander si vous en faites assez, avoir peur de prononcer la mauvaise phrase ou vous sentir vous-même touché par ce que la personne traverse.

Il n’est pas nécessaire de tout savoir faire.

Vous êtes un ami, un conjoint, un frère, une sœur, un collègue, un parent. Votre place n’est pas de résoudre le deuil.

Elle peut simplement être celle d’une personne qui continue à être là.

Parfois avec des mots. Parfois avec une aide concrète. Parfois simplement en acceptant le silence.

Si votre proche exprime lui-même le besoin d’être accompagné, différentes formes de soutien sont possibles. Je propose notamment un accompagnement du deuil en Hypnose Humaniste au cabinet L’Onde à Thouaré-sur-Loire, près de Nantes.

Questions fréquentes

Que dire à quelqu’un qui vient de perdre un proche ?

Il n’existe pas de phrase parfaite. Des mots simples comme « je pense à toi », « je suis là » ou « je ne sais pas quoi dire, mais je voulais être présent » peuvent suffire. L’essentiel est souvent de ne pas chercher immédiatement à expliquer, rassurer ou faire disparaître la douleur.

Quelles phrases vaut-il mieux éviter avec une personne en deuil ?

Des expressions telles que « il faut être fort », « il faut tourner la page » ou « la vie continue » peuvent parfois être difficiles à entendre, même lorsqu’elles sont dites avec une bonne intention. Elles peuvent donner l’impression qu’il existe une manière ou un rythme corrects de vivre son deuil.

Faut-il parler de la personne décédée ?

Cela dépend de chacun et du moment. Certaines personnes apprécient que le prénom du défunt continue à être prononcé ou que des souvenirs soient partagés. D’autres peuvent avoir besoin de silence. Vous pouvez simplement demander : « Est-ce que tu as envie d’en parler ? »

Comment aider quelqu’un en deuil qui ne veut pas parler ?

Il est possible d’être présent sans obliger la personne à parler. Envoyer un message, proposer une aide concrète, partager un repas ou simplement rester disponible peut être une forme de soutien. Respecter son silence ne signifie pas nécessairement disparaître.

Combien de temps faut-il rester présent après un décès ?

Il n’existe pas de durée précise. Les premières semaines sont souvent très entourées, puis les sollicitations diminuent. Continuer à prendre des nouvelles dans les mois qui suivent peut être précieux, en respectant toujours le rythme et les besoins de la personne.

Si la personne que vous accompagnez ressent elle-même le besoin d’un espace pour déposer ce qu’elle traverse, découvrez l’accompagnement proposé par Sébastien Pressé au cabinet L’Onde à Thouaré-sur-Loire.

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