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Communication NonViolente : du lien à soi au lien aux autres

Il arrive que l’on sache ce que l’on ne veut plus, sans réussir à dire clairement ce dont on aurait besoin.

On accepte alors qu’on aurait préféré dire non. On retient une remarque pour éviter le conflit. On essaie d’expliquer, mais on a l’impression de ne pas être entendu. Ou l’on accumule jusqu’au moment où une parole sort plus vivement qu’on ne l’aurait souhaité.

Dans d’autres situations, le conflit n’est même pas avec l’autre. Il se joue à l’intérieur : « Je ne devrais pas réagir comme ça. » « Il faut que je tienne. » « Je suis trop sensible. » « Je devrais être capable de gérer seul. »

La Communication NonViolente (CNV) peut apporter des repères pour regarder autrement ces situations. Avant d’être une façon de parler, elle invite aussi à mieux entendre ce qui se passe en soi.

Quand parler devient difficile

Dans une relation, nous ne réagissons pas seulement à ce que l’autre dit ou fait. Nous réagissons aussi à ce que nous comprenons de la situation, à ce qu’elle réveille en nous, à ce que nous espérions ou à ce que nous craignons.

Une phrase telle que :

« Tu ne m’écoutes jamais »

peut contenir beaucoup de choses à la fois. Peut-être de la colère. De la déception. Un sentiment de solitude. Un besoin d’être entendu ou reconnu.

De la même manière :

« Je dois encore tout gérer »

peut exprimer de la fatigue, de l’agacement, mais aussi un besoin de soutien, de partage ou de repos.

La difficulté est que, lorsque la tension augmente, nous exprimons souvent d’abord notre interprétation de la situation plutôt que ce qui est réellement important pour nous. C’est notamment là que la Communication NonViolente peut apporter un autre regard.

La Communication NonViolente, de quoi parle-t-on ?

La Communication NonViolente a été développée par le psychologue américain Marshall Rosenberg. Elle propose notamment de distinguer quatre dimensions :

  • ce que nous observons dans une situation ;
  • ce que nous ressentons ;
  • ce dont nous avons besoin ou ce qui compte pour nous ;
  • ce que nous pouvons éventuellement demander à l’autre.

Ces quatre repères sont souvent présentés comme les « quatre étapes » de la CNV. Ils ne constituent pourtant pas une formule magique à appliquer mécaniquement.

Il s’agit davantage d’apprendre progressivement à distinguer :

ce qui s’est passé, ce que j’en pense, ce que cela provoque en moi et ce qui est important pour moi.

Cette distinction peut déjà modifier la manière dont nous comprenons certaines situations relationnelles.

Derrière nos réactions, qu’est-ce qui cherche à être entendu ?

Nous avons souvent appris à identifier rapidement ce qui ne va pas.

« Il est égoïste. » « Elle ne fait aucun effort. » « Je suis incapable de dire non. » « Personne ne pense à moi. »

Ces pensées peuvent avoir une fonction. Elles nous indiquent parfois qu’une situation nous touche ou qu’une limite est atteinte.

La CNV invite alors à aller un peu plus loin. Qu’est-ce que je ressens réellement ? Qu’est-ce qui est important pour moi dans cette situation ? Ai-je besoin de sécurité ? De respect ? De soutien ? De liberté ? De reconnaissance ? De repos ? D’être entendu ?

Identifier un besoin ne signifie pas donner raison à tout le monde ni excuser un comportement. Cela permet surtout de mieux comprendre ce qui se joue pour soi.

Commencer par écouter ce qui se passe en soi

La Communication NonViolente ne concerne pas uniquement nos échanges avec les autres. Elle peut aussi éclairer la manière dont nous nous parlons intérieurement.

Certaines personnes ont développé un dialogue intérieur particulièrement exigeant :

« Tu aurais dû faire mieux. » « Tu n’as pas le droit d’être fatigué. » « Les autres y arrivent, pourquoi pas toi ? » « Tu dois tenir. »

Ces phrases peuvent parfois être devenues tellement habituelles que nous ne les remarquons presque plus.

La CNV introduit alors la notion d’auto-empathie : prendre un moment pour reconnaître ce qui se passe en soi sans immédiatement chercher à le corriger, le minimiser ou le juger. Cela ne signifie pas se donner raison sur tout. Il s’agit plutôt de pouvoir se demander :

Qu’est-ce que cette réaction essaie de me dire ?

Dans un accompagnement, cette question peut faire écho à un travail autour de la confiance en soi, de l’anxiété ou encore de certaines formes d’exigence intérieure.

Dire non et poser une limite sans rompre le lien

Certaines personnes perçoivent très facilement les besoins des autres. Elles anticipent, arrangent, prennent sur elles, rendent service. Mais lorsqu’il s’agit de reconnaître leurs propres limites, les choses deviennent parfois plus compliquées.

Dire non peut alors provoquer de la culpabilité. Demander de l’aide peut donner l’impression de déranger. Exprimer un désaccord peut faire craindre de décevoir ou de provoquer un conflit.

Alors on accepte. On s’adapte. On attend que l’autre comprenne. Et parfois, lorsque cela dure trop longtemps, apparaissent de la fatigue, du ressentiment ou une impression de ne pas être considéré.

Ce mécanisme peut notamment se retrouver dans certaines situations de charge mentale ou de stress au travail.

La CNV peut aider à chercher une position plus ajustée entre deux mouvements qui ne sont pas nécessairement opposés :

prendre soin de la relation et prendre en compte ce qui est important pour soi.

Le désaccord n’est pas un échec de la relation

Communiquer de manière non violente ne signifie pas être toujours calme, disponible ou conciliant. La colère existe. Les désaccords existent. Certaines limites ont besoin d’être posées fermement.

Nous pouvons refuser une demande. Nous pouvons choisir de prendre de la distance. Nous pouvons décider qu’une relation ou qu’une situation ne nous convient plus.

La CNV n’a donc pas pour objectif de supprimer les conflits. Elle peut plutôt aider à distinguer ce qui appartient aux faits, à nos interprétations, à nos émotions et à ce que nous souhaitons défendre ou préserver.

Dans certaines relations, il ne s’agit d’ailleurs pas de trouver « la bonne façon de parler ». Lorsque la relation comporte de la violence, de l’emprise ou une absence de sécurité, la priorité peut être de se protéger et de chercher un soutien adapté.

Une ressource commune dans nos accompagnements à L’Onde

Au cabinet L’Onde, la Communication NonViolente fait partie des ressources qui peuvent nourrir notre manière d’accompagner la relation à soi et aux autres. Elle ne constitue pas une thérapie à part entière ni une méthode appliquée systématiquement. Elle peut apporter des repères lorsque cela est pertinent pour la personne et pour ce qu’elle traverse.

Nos pratiques permettent de regarder différentes dimensions d’une même situation.

L’Hypnose Humaniste peut notamment permettre d’explorer ce qui se joue intérieurement : émotions, réactions automatiques, conflits internes, blessures anciennes ou dimensions symboliques.

L’approche psychologique et systémique permet notamment d’observer la manière dont les relations, les interactions et les places de chacun participent à ce qui se joue aujourd’hui.

La CNV peut alors constituer un pont entre ces différents regards :

mieux comprendre ce qui se passe en soi pour pouvoir entrer autrement en relation avec l’autre.

Dans quelles situations ces repères peuvent-ils être utiles ?

La Communication NonViolente peut notamment apporter un éclairage lorsque :

  • vous avez du mal à dire ce que vous ressentez ;
  • vous culpabilisez lorsque vous dites non ;
  • vous avez tendance à prendre beaucoup sur vous ;
  • les mêmes conflits reviennent régulièrement ;
  • vous accumulez jusqu’au moment où vous explosez ;
  • vous avez du mal à savoir ce dont vous avez réellement besoin ;
  • vous vous sentez rapidement incompris ou attaqué ;
  • certaines relations personnelles ou professionnelles deviennent pesantes.

Il ne s’agit pas nécessairement de « mieux communiquer » à tout prix. Parfois, commencer à mieux identifier ce qui se passe en soi constitue déjà une étape importante.

Du lien à soi au lien aux autres

Nous cherchons souvent les bons mots pour nous faire comprendre. Mais avant les mots, il y a parfois quelque chose à écouter.

Une émotion. Une limite. Une fatigue. Une peur. Un besoin. Une attente qui n’a jamais été clairement formulée.

La Communication NonViolente peut offrir des repères pour mettre un peu plus de clarté dans ces mouvements intérieurs et relationnels.

Non pour rendre toutes les relations harmonieuses, mais pour permettre, lorsque cela est possible, de retrouver une manière plus consciente d’être en lien avec soi-même et avec les autres.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la Communication NonViolente ?

La Communication NonViolente est une approche développée par Marshall Rosenberg. Elle propose notamment de distinguer l’observation d’une situation, les émotions ressenties, les besoins présents et les demandes que l’on peut formuler.

Quelles sont les quatre étapes de la CNV ?

Elles sont généralement présentées ainsi : observation, sentiment, besoin et demande. Elles constituent surtout des repères permettant de mieux comprendre ce qui se passe dans une situation plutôt qu’un protocole à appliquer mécaniquement.

La Communication NonViolente permet-elle d’éviter les conflits ?

Non. Les désaccords font partie des relations humaines. La CNV peut aider à les aborder avec davantage de clarté, sans garantir qu’un accord sera possible.

La CNV peut-elle aider à dire non ?

Elle peut aider à mieux identifier ce qui rend une limite importante et ce qui rend parfois difficile son expression. Dire non peut alors devenir une manière de prendre en compte ses propres besoins sans nécessairement rejeter l’autre.

La Communication NonViolente peut-elle être utilisée dans le couple ou la famille ?

Oui. Ses repères peuvent être utiles pour observer certaines incompréhensions, attentes, conflits ou difficultés à exprimer les besoins de chacun. Ils peuvent notamment compléter un travail psychologique ou systémique.

La Communication NonViolente est-elle une thérapie ?

Non. La CNV est une approche de la communication et de la relation. Elle peut être utilisée comme une ressource au sein d’un accompagnement mais ne constitue pas en elle-même une psychothérapie.